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 Economie 



Les marchés sur la mauvaise pente, l'automobile en première ligne
18-11-2008 13:44:43
Les marchés, inquiets de la capacité des Etats à juguler la crise, continuaient à chuter mardi alors que les appels à l'aide publique se multiplient, notamment pour venir au secours d'un secteur automobile mal en point.Deux jours après une réunion du G20 qui ne semble pas avoir rassuré les opérateurs, ceux-ci se tournent vers les Etats, priés de prendre des initiatives, notamment budgétaires, pour atténuer les effets de la crise.Lundi, une cinquantaine de groupes industriels européens ont ainsi appelé les pouvoirs publics à l'action pour redynamiser l'économie, notamment par des "relances budgétaires d'une ampleur exceptionnelle".Mais aux Etat-Unis, le secrétaire au Trésor américain Henry Paulson a souligné qu'il ne comptait pas puiser davantage dans les 700 milliards de dollars mis à sa disposition par le Congrès pour sauver les banques d'ici à la prise de fonction du président Barack Obama, le 20 janvier.Or les mauvaises nouvelles ne cessent de s'accumuler.La banque américaine Citigroup, très affaiblie par la crise financière, a annoncé lundi qu'elle allait tailler massivement dans ses effectifs, avec la disparition de 50.000 emplois dans les prochains mois.Plombée par ces annonces, Wall Street avait nettement chuté en soirée, le Dow Jones perdant 2,63%, dans la foulée des places européennes.Celles-ci poursuivaient le mouvement mardi matin: à 10H30 GMT, Paris abandonnait 1,35%, Londres 1,54% et Francfort 1,32%.La bourse moscovite était elle dans la tourmente, le RTS et le Micex ayant été suspendues pour une heure à partir de 12H35 (09H35 GMT), après une baisse de près de 5%, consécutive à une nouvelle journée de déprime la veille.

Les marchés asiatiques avaient ouvert la voie quelques heures plus tôt.

La Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 2,28%, au lendemain de la confirmation que le Japon, deuxième économie mondiale, était entré en récession à son tour, après l'Allemagne, l'Italie, la zone euro ou Hong Kong.

La bourse de Hong Kong a elle abandonné 4,54%.

"Les craintes de récession mondiale pèsent sur le marché", a commenté Kazuhiro Takahashi, analyste chez Daiwa Securities SMBC.

"Le sommet financier a laissé l'impression que les mesures de relance économique ont du mal à accélérer", a-t-il ajouté en référence au sommet des grands pays industrialisés et émergents du G20 samedi à Washington.

Ces derniers se sont engagés samedi à coordonner les politiques de relance économique et, dans un deuxième temps, de mieux superviser la finance mondiale.

Mais ils n'ont pas annoncé de plans chiffrés ni la création du "super-gendarme" des marchés réclamés par plusieurs pays, dont la France.

Cet embryon de gouvernement économique planétaire, dont les membres génèrent 85% du PIB de la planète et qui a consacré la place croissante des pays émergents sur l'échiquier mondial, doit se réunir de nouveau en avril, une fois M. Obama aux commandes à Washington.

Au lendemain du sommet du G20, le prochain président américain a promis de relancer l'économie américaine quitte à alourdir davantage le déficit budgétaire. Il a également plaidé pour un plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine, dont la faillite annoncée "serait une catastrophe".

Plombé par la crise, le secteur automobile était l'objet de toutes les attentions en ce début de semaine, et ce des deux côtés de l'Atlantique.

Aux Etats-Unis, après l'enveloppe de 25 milliards de dollars de prêts décidée en septembre, une nouvelle tranche de 25 milliards doit être discutée au Congrès, alors que les trois grands constructeurs américains (General Motors, Ford et Chrysler) sont en plein marasme.

Mais ce plan de sauvetage fait débat chez les parlementaires américains: défendu par la majorité démocrate, il est critiqué par plusieurs sénateurs républicains, dont le vote est indispensable. Les dirigeants des trois grands constructeurs sont attendus mardi devant la Commission bancaire du Sénat.

Selon la presse japonaise, le constructeur automobile américain Ford a décidé de vendre 20% du capital de son homologue nippon Mazda Motor, dont il possède 33,4%, pour renflouer sa trésorerie face à la crise.

En Europe, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a plaidé mardi pour une "stratégie européenne de sauvetage" pour l'industrie automobile, en réaction au plan américain en préparation.

"Si le gouvernement américain sauve Ford, General Motors et Chrysler de la faillite à coups de milliards de dollars, nous ne pouvons rester de simples spectateurs et laisser les constructeurs européens tous seuls", a-t-il déclaré.

En Allemagne, le ministre des Finances Peer Steinbrück a exclu lundi de lancer un programme de soutien pour "l'ensemble" de l'industrie automobile allemande. Lundi, la chancelière Angela Merkel a annoncé que Berlin décidera avant Noël de l'octroi ou non de des garanties au constructeur en difficulté Opel, à l'issue d'un entretien avec les dirigeants du groupe.

Les constructeurs automobiles européens ont demandé en octobre une aide chiffrée à 40 milliards d'euros sous la forme de prêts à taux réduit, ainsi que des primes pour inciter les consommateurs à remplacer leurs voitures.

Un porte-parole de la Banque européenne d'investissement (BEI) a de son côté indiqué qu'une partie des 10 à 15 milliards d'euros annuels de nouveaux prêts de son institution en 2009 et 2010 seront destinés à l'industrie automobile.

En France, le fonds souverain, dont la création a été décidée par le président Nicolas Sarkozy pour soutenir les entreprises nationales jugées stratégiques, devrait être doté de moins de 20 milliards d'euros, soit beaucoup moins que les 100 milliards d'euros évoqué par des membres du gouvernement, a annoncé mardi le quotidien Les Echos.

En Chine, le ministère du Travail a demandé mardi aux gouvernements locaux de ne pas accroître les salaires minimum pour le moment, afin de permettre aux entreprises de faire face au ralentissement de l'économie.

Sur l'île de Taïwan, les autorités ont opté pour une autre stratégie: pour relancer la consommation, elle distribueront en janvier à chaque habitant de l'île des bons d'achat d'une valeur équivalente à 86 euros.

 
 
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