Le roi, qui accueille le sommet de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), avait offert d'envoyer un avion privé à Harare pour y chercher Tsvangirai, qui n'a pas pu obtenir un nouveau passeport. "Je viens de lui (Tsvangirai) parler. Il a demandé au roi Mswati de ne pas envoyer d'avion. Il ne vient pas", a déclaré à Reuters ce responsable du Mouvement pour le changement démocratique. Le MDC affirme que son chef de file n'a pas reçu de passeport pour se rendre à Mbabane, mais un simple document de voyage uniquement valable pour le Swaziland, et non pour l'Afrique du Sud où il devait faire escale.Cette version a été contestée par le ministre zimbabwéen de l'Information, Sikhanyiso Ndlovu, qui a parlé d'"entourloupe" de la part du MDC. "Ils ne disent pas la vérité. On lui a donné un document pour qu'il puisse aller à la réunion. L'Afrique du Sud assure une médiation, comment pourrait-elle lui refuser le passage?", a-t-il dit. "Le roi a dépêché un avion au Zimbabwe pour prendre M. Tsvangirai que nous attendons ici très prochainement", avait auparavant assuré à Mbabane Arthur Mutambara, chef de file d'une faction dissidente du MDC.
MEDIATION EN QUESTION
Le sommet de Mbabane doit rassembler les chefs d'Etat d'Angola, du Mozambique et du Swaziland, qui constituent la commission de sécurité de la SADC.
Ils vont tenter d'aider les partis politiques rivaux du Zimbabwe à sortir de l'impasse et à s'entendre sur la répartition des portefeuilles au sein d'un gouvernement d'union nationale.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, lui, est déjà arrivé au Swaziland, tout comme Arthur Mutambara.
Le MDC a annoncé par ailleurs que les développements intervenus ces dernières vingt-quatre heures le rendaient de moins en moins confiant dans le processus de médiation.
"La capacité (de ce processus conduit par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki) à apporter une solution au peuple du Zimbabwe est aujourd'hui remise en question", ajoute le MDC dans un communiqué.
Dimanche, Tsvangirai avait déclaré croire que les partis politiques réussiraient, lors de ce sommet, à s'entendre sur le partage du pouvoir. "Cette fois, nous n'échouerons pas", avait-il dit à ses partisans lors d'un rassemblement dans la ville zimbabwéenne de Masvingo.
Un accord sur le partage du pouvoir, sous la médiation de l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, pourrait être le meilleur espoir du Zimbabwe de sortir de sa grave crise économique: les pénuries de carburant et de denrées alimentaires sévissent et l'inflation, en rythme annuel, s'élève à 231.000.000%.