06/09/2010
La thèse du suicide dénoncée aux obsèques du journaliste Bebenine
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Le journaliste bélarusse Oleg Bebenine, fondateur du plus influent site internet d'opposition retrouvé pendu la semaine dernière, a été enterré lundi, ses proches rejetant toujours la version officielle du suicide alors que l'OSCE a déploré une "grande perte".

Oleg Bebenine, 36 ans, fondateur et dirigeant du site charter97 qui était sous pression des autorités, a été retrouvé mort vendredi dans sa datcha (maison de campagne) près de Minsk.

"Oleg était en bonne santé, il adorait son fils de cinq ans. Nous et la famille d'Oleg ne croyons pas qu'il pouvait se décider à un suicide", a déclaré à l'AFP une proche, la journaliste Irina Khalip.

"Oleg devait aller au cinéma le 2 septembre. Il a dit à ses amis qu'il viendrait plus tard", a-t-elle expliqué avant de poser une série de questions: "Pourquoi s'est-il retrouvé à la datcha et pas au cinéma, qui a-t-il rencontré là-bas, pourquoi n'a-t-il pas répondu aux appels téléphoniques?"

Selon l'homme politique Stanislav Chouchkevitch, "Oleg était optimiste et s'apprêtait à travailler dans l'équipe d'Andreï Sannikov", un opposant qui a déclaré son intention de briguer la présidence en 2011 face à l'homme fort du pays, Alexandre Loukachenko.

M. Sannikov a été convoqué lundi comme témoin. Le parquet a annoncé que la mort du journaliste était un suicide.

"Je ne crois pas au suicide et je vais le leur dire. Oleg avait beaucoup de projets", a déclaré M. Sannikov à l'AFP avant son audition.

L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a déploré lundi "une grande perte pour le journalisme belarusse".

"Son site internet reste l'une des seules sources non-gouvernementales d'information et son personnel faisait constamment l'objet de pressions de la part de l'administration officielle", a déclaré la représentante de l'OSCE pour la liberté des médias, Dunja Mijatovic, dans un communiqué.

Plusieurs journalistes et hommes politiques passés dans l'opposition sont morts de manière inexpliquée ou ont disparu ces dernières années au Bélarus, ancienne république soviétique dirigée depuis 1994 d'une main de fer par Alexandre Loukachenko qui a été qualifié par Washington de "dernier dictateur de l'Europe".

La journaliste Veronika Tcherkassova qui enquêtait sur la vente d'armes bélarusses au régime de Saddam Hussein, a été tuée chez elle en octobre 2004 de 43 coups de couteaux. L'enquête qui n'a jamais lié ce meurtre à l'activité professionnelle de la journaliste, a été close en 2007.

Le journaliste Dmitri Zavadski, ancien cameraman du président Loukachenko, qui travaillait pour la chaîne russe ORT, a disparu en 2000. Il a été reconnu mort en 2003.

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