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Sanofi-Aventis annonce des résultats trimestriels meilleurs que prévu grâce aux pays émergents et une accélération de son plan d'économies, mais n'a rien dit sur sa stratégie d'acquisitions ni sur ses intentions concernant Genzyme.
De source proche du dossier aux Etats-Unis, on a indiqué mercredi soir que le conseil d'administration de Sanofi, menacé de perdre d'ici 2013 le tiers de ses ventes du fait du développement des génériques, avait voté en faveur d'une offre formelle sur la biotech américaine spécialiste du traitement des maladies orphelines.
Prié de commenter cette information, le directeur général de Sanofi, Chris Viehbacher, s'est borné à répondre en conférence téléphonique que son groupe ne commentait pas "les rumeurs" et qu'il resterait "discipliné" et "opportuniste" s'agissant de sa stratégie de fusions/acquisitions.
"Nous avons rejeté les grosses acquisitions. Nous sommes évidemment opportunistes. Le groupe a les moyens financiers. Nous continuerons a réaliser des opérations au même rythme cette année", a ajouté Chris Viehbacher.
L'action Sanofi, qui prenait 1,49% à 46 euros dans les premiers échanges, gagnait encore 0,7% à 42,73 euros à 9h30, surperformant le CAC 40 (+0,1%) et l'indice sectoriel européen (+0,9%).
En février, Chris Viehbacher disait privilégier les rachats de petites et moyennes tailles jusqu'à 15 milliards d'euros.
Début juillet, une source proche du dossier avait dévoilé que le groupe envisageait plusieurs acquisitions aux Etats-Unis, dont une ou deux qui pourraient lui coûter au moins 15 milliards de dollars.
Parmi les cibles potentielles figuraient Genzyme, pesant 4,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires et environ 18 milliards de capitalisation boursière, dont le portefeuille de développement comporte une quinzaine de molécules.
Les médicaments commercialisés par Genzyme présentent une protection brevetaire plus longue et des prix plus élevés que les produits classiques, observent les analystes.
Sous couvert d'anonymat, l'un d'eux à jugé "qu'une acquisition de Genzyme, cohérente avec la stratégie de Sanofi, pourrait être légèrement dilutive" et que "pour la financer, le groupe pourrait être conduit a procéder à une petite augmentation de capital".
DETTE DE 6.171 MILLIONS
Depuis l'arrivée de Chris Viehbacher à la tête de Sanofi à la fin 2008, le sixième groupe pharmaceutique mondial a réalisé une cinquantaine d'opérations. Pas moins de 33 partenariats ou acquisitions ont été signés en 2009 pour 6,6 milliards d'euros, les plus importants étant Merial dans la santé animale (4 milliards de dollars) et Chattem (1,9 milliard) dans les médicaments sans ordonnance.
Selon des analystes, le niveau de la dette du groupe et sa capacité de générer des liquidités lui donnent les moyens de ses ambitions.
Au premier semestre 2010, les flux de trésorerie liés aux activités opérationnelles sont de 4.220 millions d'euros. Le niveau de dette nette s'élevait à 6.171 millions au 30 juin, contre 4.135 millions au 31 décembre 2009.
Au deuxième trimestre, Sanofi a réalisé un résultat opérationnel des activités en hausse de 5,3% à 3.421 millions (3.255 millions attendus selon le consensus Reuters).
Le résultat net des activités a augmenté de 7,6% à 2.478 millions (consensus 2.322 millions) et le bénéfice net ajusté par action est ressorti en hausse de 8% à 1,90 euro (1,78 euro attendu).
Les ventes de Sanofi se sont améliorées de 4,6% à 7.783 millions (7.493 millions attendus) malgré l'impact de la concurrence des génériques de l'anticancéreux Eloxatine et de l'Allegra aux Etats-Unis et du Plavix en Europe.
Dans les pays émergents, les ventes ont progressé de 12,8% à 2.286 millions d'euros, alors qu'elles ont baissé de 10,2% à 2.252 millions en Europe occidentale et de 5,5% à 2.413 millions aux Etats-Unis, le premier marché pharmaceutique mondial.
PLUS D'UN MILLIARD D'ÉCONOMIES D'ICI FIN 2010
Les ventes de la divisions diabète ont crû de 10,6% au deuxième trimestre, à 1.129 millions d'euros, sous l'impulsion du Lantus dont les ventes ont augmenté de 10,6% à 926 millions (902 millions prévus).
Les vaccins ont vu leurs ventes diminuer de 1,3% (+4,7% hors éléments non récurrents à 748 millions d'euros contre 695 millions attendus). Sur les marchés émergents, l'activité a crû de 19% à 264 millions grâce aux vaccins contre la grippe.
Dans la santé grand public, le chiffre d'affaires a augmenté de 65,4% à 578 millions, reflet de l'acquisition de Chattem et des bonnes performances des marchés émergents, Brésil et Russie en tête.
Commentant ces résultats, Eric Le Berrigaud, chez Raymond James, note que "le deuxième trimestre est meilleur que prévu à tous les niveaux, du chiffre d'affaires aux résultats. L'effet de change a peut-être été sous-estimé par les analystes."
Chez Oddo Securities, Jean-Jacques Le Fur constate aussi que les performances du laboratoires sont au-dessus des prévisions.
Sanofi a par ailleurs annoncé une baisse des frais de R&D et des frais administratifs, généraux et commerciaux à taux de change constants grâce à ses mesures d'économie.
Il précise que plus d'un milliard d'euros d'économies sont prévues d'ici fin 2010 à taux de change constants comparé à 2008, un niveau à comparer aux deux milliards d'économies que le groupe a prévu de réaliser en 2013.
Chris Viehbacher a observé que les résultats du deuxième trimestre, "qui symbolise la transition entre l'ancien Sanofi et le nouveau", ont été réalisés dans un contexte de réforme de la santé aux Etats-Unis et de baisses de prix en Europe.
Il a renouvelé les objectifs du groupe pour 2013 malgré la récente approbation aux Etats-Unis d'un générique de Lovenox, le deuxième médicament du groupe.
Pour 2010, Sanofi a confirmé une évolution du bénéfice par action des activités comprise entre 0% et -4% par rapport à 2009, à taux de change constants, sauf événement adverse majeur, compte tenu de l'approbation de cette copie du Lovenox aux Etats-Unis.
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