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Les "Rames-Dames" françaises à l'honneur
10/03/2010 18:23:00
Les "Rames-Dames", équipage de 4 Françaises (3 polytechniciennes et une ingénieure agronome), ont mis la France à l'honneur, mercredi à Antigua (Antilles), en signant la 4e place -mais la première au classement féminin- de la grande course transatlantique à la rame britannique, le "Woodvale Challenge".
Cette compétition - 5.000 km entre l'île de la Gomera aux Canaries et Antigua - créée en 1997, met aux prises depuis le 4 janvier, plus de 70 concurrents de six pays (Grande-Bretagne, Afrique du Sud, Etats-Unis, Irlande, Danemark et France) sur 30 canots, en solo, duo et par équipages de quatre comme c'est le cas des Françaises sur leur bateau "Rames-Dames".
Le seul autre équipage français de la course, le duo masculin François Lamy (48 ans) et Benoît Dusser (42 ans), a également signé une belle 3e place sur leur canot "Karukera", quelques heures avant l'arrivée des "Rames-Dames".
Une cinquantaine de concurrents sont toujours en lice et peinent à ramer vers les Antilles dans des conditions de mer difficiles.
Les "Rames-Dames" ont mis 64 jours, 4 heures et 19 minutes pour traverser le grand océan, un exploit qu'elles n'imaginaient pas au départ.
"Nous étions parties dans l'esprit de Coubertin, pour +participer+. Mais l'esprit de compétition a pris le dessus pendant la course", a raconté par téléphone à l'AFP Catherine Remy, la capitaine parisienne du petit bateau de 8,80 m.
Avec ses trois camarades fortes en thème et en bras -la Bordelaise Quitterie Marque, la Lyonnaise Laurence Grand-Clément, polytechniciennes comme Catherine et âgées de 30 ans, et la Toulousaine Laurence De Rancourt, 25 ans, ingénieure agronome- elle avait entrepris cette aventure "par goût commun de l'effort, de l'endurance et des grands espaces".
"Nous n'avons pas été déçues... Tous les ingrédients de l'aventure maritime furent au rendez-vous jusqu'au bout, y compris une inversion des vents passant du nord-est au sud-ouest, très rare en cette saison. Du coup, on a reculé de plusieurs milles nautiques ou fait du surplace pendant plusieurs jours", a-t-elle ajouté.
"Ce fut plus dur que ce que nous avions imaginé, physiquement et mentalement. Mais notre secret fut notre ténacité. Il y eut des moments difficiles, des prises de bec... Vivre à quatre pendant deux mois, au milieu de l'eau, coincées sur notre petit esquif ballotté par le vent et les flots ne fut pas toujours évident. Mais envers et contre tout, nous nous sommes accrochées aux avirons en refusant de céder un pouce d'océan".
"Si tu lâches rien, tu avances, conclut Catherine Remy. Avancer, c'est la vie".
Les "Rames-Dames" avaient édicté, avant leur départ, une charte de bonne conduite dont les vertus cardinales étaient affichées dans leur petit habitacle: "bienveillance, donner le meilleur de soi-même, discipline et... garder le sens de l'humour".... Un cocktail gagnant.
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