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Appel d'offres des ravitailleurs américains: Airbus casse les prix
12/07/2010 15:32:35
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Accusations de protectionnisme dans l'affaire des avions ravitailleurs américains
09/03/2010 14:08:26
La décision du géant de l'aéronautique européen EADS et de son partenaire américain Northrop Grumman de se renoncer à l'appel d'offres pour les avions ravitailleurs de l'armée américaine a suscité des accusations plus ou moins voilées de protectionnisme mardi, l'Américain Boeing restant seul en lice pour ce contrat évalué à 35 milliards de dollars (26 milliards d'euros). Le partenaire américain d'EADS, Northrop Grumman, a déclaré lundi soir qu'il ne se soumettrait pas à l'appel d'offres en raison d'un cahier des charges jugé trop favorable au rival Boeing, qui présente un avion plus petit. Le constructeur européen EADS a annoncé qu'il suivait Northrop Grumman dans sa décision.
En 2008, EADS et Northrop Grumman avaient remporté ce gigantesque appel d'offres qui avait été par la suite annulé après une plainte de Boeing. EADS, qui aspire à pénétrer le marché américain de la défense et moins dépendre de son activité civile, souhaitait présenter un dérivé de l'A330.
Le PDG de Northtrop, Wes Bush, a déclaré qu'il ne contesterait pas officiellement le cahier des charges, "qui favorise clairement le ravitailleur plus petit de Boeing", car "investir davantage de ressources pour soumettre une offre ne serait pas agir de façon responsable" envers les actionnaires.
Le PDG d'EADS, Louis Gallois, a réaffirmé mardi depuis Paris que l'A330 était un meilleur ravitailleur que son équivalent chez Boeing. "Nous regrettons profondément que l'US Air Force n'obtienne pas le meilleur avion disponible", a-t-il dit, ajoutant que le groupe ne renonçait pas pour autant au marché américain de la défense.
La Commission européenne a fait savoir qu'elle "serait extrêmement inquiète s'il devait s'avérer que les termes de l'offre ont été formulés de façon à empêcher une concurrence ouverte pour le contrat" et qu'elle suivrait "de très près les suites de ce dossier".
Pour Paris, "l'appel d'offres émis par le Pentagone le 25 février conduit de facto les autorités américaines à un dialogue avec un fournisseur unique, au détriment d'une démarche compétitive garante de l'acquisition des meilleures capacités au meilleur prix". Le ministère des Affaires étrangères a affirmé que "la France, avec la Commission européenne et ses partenaires européens concernés, (allait) procéder à l'examen de ce nouveau développement et de ses possibles implications".
Le ministre allemand de l'Economie, Rainer Brüderle, a quant à lui déclaré par voie de communiqué qu'il voyait "des signes de protectionnisme" dans cette affaire.
Le gouverneur de l'Alabama, Bob Riley, dont l'Etat espérait la création de milliers d'emplois grâce à l'assemblage des avions de Northtrop, a pour sa part dénoncé "une mascarade" dans laquelle le Pentagone avait rendu "impossible" toute compétition véritable. "C'est honteux", a-t-il lâché. "Une fois encore, la politique l'emporte sur les besoins de notre armée", a critiqué également le sénateur républicain Richard Shelby.
Il y a un an, Barack Obama avait estimé que ce genre d'appel d'offres biaisé n'était pas bon pour le contribuable américain et s'était engagé à faire changer la façon de traiter des agences gouvernementales. "Ils sont finis, les beaux jours des chèques en blanc aux entreprises de la défense", avait assuré le président.
Mais la décision de Northtrop n'a guère surpris dans ce milieu. Pour Loren Thompson, qui dirige le Lexington Institute, "une fois tout mis sur la table, Northtrop y a vu beaucoup de risque et peu de profit", alors qu'EADS voulait avant tout mettre un pied sur le marché américain de la défense, et "au bout du compte, les intérêts des deux équipes étaient divergents".
Les partisans de Boeing soulignent quant à eux qu'avec le retrait d'EADS les emplois resteront aux Etats-Unis. "Ce sera une société américaine, avec des travailleurs américains", se félicite Norm Dicks, représentant démocrate de l'Etat de Washington où Boeing compte construire ses avions ravitailleurs.
Boeing a annoncé la semaine dernière qu'il proposerait une version militaire de son modèle 767 pour une flotte de 179 nouveaux appareils. Le contrat devrait être le premier d'une série destinée à remplacer de nombreux avions de l'Air Force datant des années 1950. Boing a déclaré qu'il soumettrait son offre officielle d'ici au 10 mai. Le contrat sera attribué en septembre.
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